Nous avions vu récemment que l’offre imposée par le gouvernement serait plus chère que celle de la jolie Alice. Avec son Alicebox Initial, elle nous propose la même chose pour seulement 19.98€/mois, soit environ 3€ de moins.
Bon, pour se rattraper, notre ministre de l’économie et de la culture avait dit ‘Ces offres existantes et aussi attractives que l’offre sociale sont limitées dans leur couverture géographique : Seul un tiers environ des foyers peuvent bénéficier des offres de Numéricâble. Seuls deux tiers des foyers, situés en zones dégroupées, peuvent bénéficier l’offre Initiale d’Alice. En dehors de ces zones, l’offre d’Alice est de 34,95 euros par mois. Or l’ensemble des Français doivent pouvoir bénéficier du tarif social, quel que soit leur lieu de résidence’. On notera qu’il n’avait pas tord sur ce point, puisque l’offre à 19.98€/mois n’est valable que pour les offres en ‘dégroupé total’, sinon il faut compter 34.95€/mois.
Mais ce n’est pas tout, puisque le site PC Inpact nous rapporte une interview faite sur plusieurs FAI, où tout le monde est d’accord pour expliquer qu’ils vendront à perte si ils appliquent les tarifs indiqués par le gouvernement. Un FAI précise qu’un client non dégroupé coûte ‘12,47 € par mois pour la ligne + 3,9 € par mois pour la composante débit pour l’accès + 30 euros par Mbps consommé par l’abonné. Donc hors consommation, c’est 17,87 euros HT‘, en comptant l’amortissement de l’accès au service facturé 54 euros par France Télécom. ‘On est déjà à marge négative si le truc doit être vendu 20 euros TTC‘.
Pour faire simple, si le client est non dégroupé, il tourne encore sur une partie du réseau France Telecom, donc celui-ci exige une participation de 12.47€/mois. Vous pouvez donc comprendre la différence de prix sur l’offre d’Alice entre dégroupé ou non. Ce qui devient gênant, c’est que Eric Besson comptait appliquer cet ‘internet social’ uniquement sur les zones non dégroupées (de toute façon Alice est moins chère en zone dégroupée).
Du Côté des FAI alternatifs, certains semblent indiquer ceci: ‘Rien dans nos cahiers des charges ne nous obligent à répondre positivement aux demandes économiquement irréalistes des pouvoirs publics‘.
Pour le gouvernement, il n’y aura aucun problème: ‘le Gouvernement a saisi l’Autorité de la concurrence le 7 mars 2011. Elle a rendu son avis le 29 juin 2011, dans lequel elle a défini les conditions dans lesquelles ce tarif social pouvait être mis en oeuvre, notamment l’absence de services audiovisuel dans l’offre sociale. Ces conditions sont respectées.’
A suivre…
